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Et si on définissait vraiment les soft skills ?

1.   La hype !

Cela fait un petit moment que nous tournons autour du sujet, alors lançons nous… parlons compétences. Et pas n’importe quelles compétences : parlons soft skills. 

Elles sont omniprésentes dans le monde des RH, des managers de demain, ou encore des startups Edtech ou HRtech (#futurofwork évidemment !). A chaque matinale ou table ronde sur le sujet, le même scénario se répète. Nous, professionnels de la gestion des talents et startups proposant des solutions de gestion du capital humain, nous nous lançons dans de grands débats enflammés autour de ces compétences.

A force de discussion, chacun apportant sa nuance, on a parfois l’impression que la définition est multiple et que les possibilités sont infinies. De notre côté, ce constat est fascinant et rend le sujet incroyablement intéressant, mais soyons honnêtes, cela doit être particulièrement perturbant pour nos auditeurs et les professionnels RH cherchant de réelles réponses à leurs problématiques terrains.

En vérité, le seul consensus que l’on arrive généralement à trouver est qu’elles sont cruciales pour l’avenir de nos organisations, et que nous devons sans tarder mettre en place des politiques pour les valoriser.

Pour AKANEMA, et en tant que pionniers de l’identification des softs skills développées dans le cadre extra-professionnel, on s’est donc tout particulièrement intéressé au sujet. Nous essayons au quotidien de cerner les contours de ces compétences, et permettez nous de vous présenter les résultats de cette réflexion que nous menons depuis quelques temps déjà.

2.  De quoi on parle ?

En bons élèves, notre premier réflexe a été de chercher la définition d’un ou une soft skill. Nous nous sommes rendus sur l’outil qui semblait une référence : Le Larousse en ligne, qui possède un traducteur anglais-français.

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D’après celui-ci, et sans grosse surprise il faut l’avouer, le mot « soft » se traduit par doux, souple, soyeux, ramolli, mou ou encore feutré… On vous avoue que cela ne nous a pas tellement éclairé dans notre recherche de vérité, surtout une fois qu’on a réalisé qu’on pouvait utiliser tous ces mots pour décrire un nouveau canapé, ou encore la consistance d’un dernier essai culinaire… 

Le mot « skills » quant à lui, désigne les compétences, habiletés, savoir-faire… ce dernier mot nous a encore plus perdus… nous qui croyons que les soft skills entraient dans la dernière rubrique de notre classification traditionnelle : savoir, savoir-faire et savoir-être…

A l’issue de nos recherches, on ne se trouvait pas très avancé… Les soft skills seraient des compétences douces, moelleuses, molles… Elles seraient opposées ou parfois complémentaires aux « hard skills.. »…

Au final, on avait simplement référencé de nombreuses façons de les appeler, sans en trouver une seule qui nous parlait ou simplement qui évoquait quelque chose de précis.

Quelques exemples des questions qu’on se pose alors :

  • Compétences personnelles / interpersonnelles : est-ce que cela touche simplement aux relations entre humains ? Quid alors de la créativité par exemple ?
  • Compétences douces : en opposition aux compétences dures… car elles relèvent de la douceur ? Qu’est-ce que cela voulait dire ?… Comment classer alors la capacité à prendre des décisions ?
  • Compétences comportementales : est-ce que le fait d’être capable de mettre en œuvre les techniques de communication non violente (le fameux OSBD) pour résoudre un conflit professionnel n’est pas un comportement autant qu’une compétence liée à un savoir ?
  • Compétences transversales : regroupant à la fois la capacité à maitriser l’informatique que la capacité à gérer son stress… quelle différence avec la compétence technique traditionnelle ?…

On ressortait de ce tour d’horizon peu satisfait, et honnêtement on s’est retrouvé un peu frustré, sans réelle alternative à adopter ! Autant d’effort pour finalement se rabattre sur un anglicisme, et qu’on avait toujours pas réussi à traduire de façon satisfaisante…

Pour rendre les choses un peu concrètes, on a alors essayé de chercher les différents référentiels existants, quelques pistes explorées :

Encore un fois, nous nous sommes retrouvés avec des référentiels hétéroclites, listant des compétences et des catégories de soft skills, sans pour autant nous aider à comprendre ce qu’elles sont ou ce qu’elles permettent. Ce qui est identifié comme une compétence dans certains référentiels devient une catégorie de compétence ou n’existe tout simplement pas dans un autre. Et la confusion perdure.

3.  Des compétences humaines tout simplement ?

Si l’on revient aux sources de nos débats, le consensus tournait autour du fait que ces compétences nous permettront de faire la différence dans une société en perpétuelle évolution et révolution de compétences, plutôt que sur le référentiel en soi. Nous sommes donc repartis de la base.

Compétences soft ou douces, elles ne sont pas seulement transversales ou relationnelles… mais elles font la différence lorsque nous devons agir face à une situation imprévue, elles nous permettent d’être garant de l’éthique dans un monde qui se peuple peu à peu de robots… Chez AKANEMA, nous avons choisi de parler de compétences humaines.

Humaines, car elles contribuent à notre épanouissement comme au développement d’une société plus inclusive, où chacun pourra prendre la place qui lui revient.

Humaines comme les sciences du même nom puisque finalement c’est exactement ce que nous avons chacun à apporter.

Humaines, car dans un monde qui évolue parfois beaucoup trop vite, ce sont ces compétences qui différencient l’humain et la machine et nous permettrons de trouver notre juste place.

Humaines, comme la vision humaniste de cette société que nous portons au quotidien.

C’est ainsi que nous avons décidé de définir les soft skills : humaines, comme chacun d’entre nous tout simplement.

4.  Un début de définition ?

Forts de cette illumination, et pour pallier l’insatisfaction de nos recherches initiales, on décide alors de poser les contours d’une définition de ces fameuses soft skills que chacun essaye d’appréhender au mieux.

On s’est rattaché à la littérature scientifique sur le sujet, a beaucoup échangé avec nos partenaires et particulièrement le département de formation humaine de l’UCLy qui explore avec le sujet depuis plusieurs années, pour poser les premiers éléments de définition autour de la question : qu’est-ce que la compétence ?

  • Selon Sandra BELIER : « La compétence permet d’agir et/ou de résoudre des problèmes professionnels de manière satisfaisante dans un contexte particulier, en mobilisant diverses capacités de manière intégrée. » 
  • Pour Guy LE BOTERF « La compétence est la mobilisation ou l’activation de plusieurs savoirs, dans une situation et un contexte donnés ».

Ce que l’on peut retenir de ces deux citations, c’est que la compétence n’est pas une connaissance, elle est bien liée à l’action, au concret, et donc à quelque chose que l’on peut réussir à matérialiser, elle est liée à une action. Elle dépend également moins de la connaissance que de la capacité à mobiliser cette connaissance au moment où le besoin se fait sentir.

Autre élément important, cela signifie que la compétence relève de l’acquis, des choses sur lesquelles nous avons un pouvoir d’action. Exit donc la notion de personnalité et de talents innés : nous focalisons sur ce que l’on peut développer, permettant ainsi une définition objective.

Cela nous amène à vous proposer un début de classification des compétences ci-dessous :

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En résumé, ces soft skills possèdent des caractéristiques qui leurs sont bien propres :

  • Elles sont utilisables dans différents contextes (professionnel comme personnel, social…)
  • On ne peut pas les automatiser, les démontrer de façon traditionnelle
  • On ne peut pas les évaluer selon une méthode acquis/non acquis
  • Notre jauge de progression sur chacun d’entre-elle est infinie
  • Elles se développent par l’expérience.

Et pour toutes ces raisons, elles s’apprennent difficilement via les méthodes traditionnelles. Elles sont transversales, se développent seul mais aussi avec les autres, elles sont complexes à définir et finalement derrière chacune d’entre elles, nous mettons chacun une définition différente.

Aujourd’hui, il nous semblait important de vous partager le sens que nous mettons derrière ces deux mots, soft skills, que nous utilisons au quotidien. Evidemment, vous imaginez que nous nous sommes ensuite attelés à l’élaboration d’un référentiel de ses soft skills, validant les convictions exposées plus haut. C’est le fruit de tout ce travail que nous présentons aujourd’hui dans notre serious game.

Cela sera le sujet d’un prochain article, d’ici là, hâte d’avoir vos réactions sur le sujet !