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Ce confinement aura eu pour effet de me remettre un peu à l’écriture et c’est probablement pour le meilleur. Alors j’en profite pour coucher quelques réflexions sur le papier, comme pour les figer, garder une trace de ce qui, à l’échelle d’une vie, pourrait seulement rester une pensée.

Je m’interroge : au milieu de ce tourbillon lié au contexte actuel, mais aussi de nos interrogations passées, et si la réponse était là ? Dans ce dépouillement, dans ce retour aux sources et la découverte de nous-même, pourrions-nous retrouver un peu de lucidité ?

Cela fait quelques temps déjà que je m’intéresse à la façon dont nous vivons nos expériences, au sens qu’elles peuvent prendre pour chacun d’entre nous et aujourd’hui la situation est si exceptionnelle, que l’on pourrait croire à un message…

J’ai toujours été convaincue que tous les êtres vivants sont reliés par bien plus que ce que l’on peut voir ou déduire scientifiquement. Comme un lien invisible, une énergie que l’on peut ressentir lorsque l’on s’ouvre assez aux autres, lorsque l’on est prêt à se connecter, à voir la beauté de ce qui nous entoure, de chacun… Certains y retrouveront des notions de spiritualité, d’autres le relieront à la fameuse « Prophétie des Andes » de James Redfield (pour les connaisseurs, cela fait beaucoup de coïncidences, on pourrait presque croire qu’elles sont provoquées… 😉)…

Dans la démesure de nos ambitions, nous grignotons progressivement l’espace de tous les autres êtres présents sur la planète, et c’est finalement de ces mêmes autres que nous avons apporté cette maladie. Nous sommes donc probablement à l’origine de notre enfermement, de ce confinement… Tel est pris qui croyais prendre, par notre désinvolture nous sommes devenus les seuls responsables de ce qui nous arrive.

Ces dernières semaines, face à nous-même, nous nous sommes découvert des envies de connecter, de partager : en témoignent toutes les initiatives solidaires pour aider les soignants, les réseaux d’entraides, plateforme d’engagement bénévoles, ou encore la mobilisation de l’ensemble de filières (textiles, makers etc…) au service des autres. Nous rêvons de reconnexion, de renouer des liens, de redécouvrir nos proches, de solidarité. Nous, citadins, rêvons de cette nature que nous nous acharnons pourtant à parquer dans les plus petits espaces possibles, pour ne pas les laisser empiéter sur nos activités…

Finalement, contraints de cesser cette fuite en avant et de nous contenter de ce que nous avons, nous revoyons certaines de nos priorités, et pour certains, peut-être pris conscience de ce que nous avions oublié…

Ce début de semaine est l’occasion pour bon nombre d’entre nous de redécouvrir une partie de nos vies, de nos villes et de nos proches, mais c’est probablement aussi l’opportunité de s’interroger sur nos responsabilités.

Pour moi, la réflexion a commencé il y a quelques années et elle commence à se matérialiser dans la vision derrière mon aventure professionnelle. S’il m’a fallu du temps pour trouver les mots, ils sont là et il est l’heure pour moi de la partager à tous, pour poser une petite brique qui nous permettra à tous d’avancer, pour ne pas oublier ce que venons de vivre.

Cela fera l’objet d’un prochain article.

En attendant, et pour conclure, quelques mots d’une chanson qui aura accompagné ces derniers mois de réflexion* :

« Well the sky is finally open, the rain and wind stopped blowin’. But you’re stuck out in the same old storm again. You hold tight to your umbrella, well, darlin’ I’m just tryin’ to tell ya. That there’s always been a rainbow hangin’ over your head. If you could see what I see, you’d be blinded by the colours. Yellow, red and orange and green, and at least a million others. So tie up the bow, take off your coat and take a look around”  

 

* Pour les curieux 🎵 «Rainbow» par Kacey Musgraves :: https://youtu.be/6OFv566mj7s / paroles et traduction : https://bit.ly/2zoFXqz