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La reconnaissance de l’extra-professionnel comme réponse à la perte de sens ?

En cherchant les raisons de cette fameuse quête de sens présente dans nos entreprises mais également dans nos vies, je me suis intéressée à l’évolution du temps passé au travail depuis le début du XXème siècle.

Et si nous nous interrogions sur le temps et l’importance que nous accordons à chaque type d’activité dans notre vie ? Quel temps passons-nous réellement au travail, à l’école, ou à la retraite ?

Le calcul est finalement assez simple. Les éléments de celui-ci, fixés par la législation française, peuvent se retrouver sur les différents sites du gouvernement. ( Pour ceux que cela intéresse, les hypothèses sont disponibles en commentaire 😉).

Et le résultat est étonnant, pour ne pas dire édifiant.

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La part de notre vie consacrée au travail représente 11% de celle-ci, 13% si on inclue l’école. C’est un résultat qui étonne, autant qu’il interroge. On peut bien entendu débattre du nombre d’heures passées à dormir ou réaliser diverses tâches de la vie quotidienne mais même en considérant que cela représente 8h par jour, il restera toujours plus de 30% de notre temps consacré à nos expériences personnelles.

Si ces expériences scolaires et professionnelles représentent si peu, l’importance que nous leur accordons est, quant à elle, sûrement bien différente, probablement très supérieure.

Qui peut prétendre aujourd’hui ne donner que 11% de son énergie au travail et plus de 60% pour sa vie personnelle ?

L’évolution du temps passé au travail, élément fondateur de la révolution du capital humain ?

Réalisant ce même calcul, mais en prenant en compte les conditions de travail du début du XXème siècle, le travail représentait près de la moitié (40%) de notre temps de vie, et même 70% de celui-ci sous la troisième République.

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En quelques dizaines d’années, la proportion de temps passé au travail s’est donc inversée, pour ne représenter à présent qu’un dixième de ce que nous vivons. Nous comprenons alors mieux le besoin qui se fait de plus en plus urgent de réinventer la gestion des ressources humaines dans nos organisations, et la nécessité de le prendre en compte dans l’évolution des conditions de travail.

Finalement, en allant un peu plus loin, il semble aussi pertinent de questionner notre façon d’appréhender les autres et la relation à soi.

Repenser l’engagement et la gestion du capital humain en prenant en compte la dimension personnelle ?

Le modèle 70:20:10 est un modèle d’apprentissage théorisé par des chercheurs américains dans les années 90. Il montre l’importance de l’apprentissage par l’expérience, comparativement aux méthodes plus formelles.

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Si plus de 60% de nos expériences sont vécues dans un contexte extra-professionnel, alors comment évaluer le potentiel de chacun à sa juste valeur dans le monde professionnel ?

Est-ce que l’on ne serait pas capable de bien plus que ce à quoi nos études ou notre carrière nous ont préparé ?

Comment trouver du sens dans notre métier, si celui-ci intègre moins de 15% de ce que l’on est, de ce que l’on pourrait faire ?

Comment parler de capital humain alors qu’on ne reconnait et ne valorise pas ce que l’on apprend tout au long de notre vie ?

Prenons quelques exemples: Devenir parent, être responsable de la survie de quelqu’un d’autre, vivre avec un handicap au quotidien, exercer des responsabilités au sein d’une association, mais aussi dépasser sa peur et monter sur scène pour jouer, écouter un proche en difficulté et trouver les mots pour l’aider à la surmonter… Ce sont autant d’expériences et de compétences associées que nous recherchons aujourd’hui pour relever les défis au sein de nos organisations.

Traduire ces expériences en compétences, c’est donner à chacun la reconnaissance qu’il mérite pour l’ensemble de ce qu’il est, c’est aussi l’accepter pleinement, l’intégrer dans une équipe constituée d’autres personnes où chacun pourra partager un peu de sa singularité, et progresser en apprenant de celle des autres.

Et si, c’était simplement ça être engagé ?